Rupture de barrage

Chiffres et évènements marquants en PACA

Les communes soumises au risque rupture de barrage

 

Événements marquants

Barrage de Malpasset : Après 5 ans d’existence, le barrage de Malpasset rompt en 1959 après un fort épisode de pluies diluviennes sur la Côte d’Azur. La rupture engendre une vague de quarante mètre de haut qui déferle dans la vallée à 70 km/h, charriant des blocs de béton et des pierres pesant jusqu’à 600 tonnes. La catastrophe fait 423 morts et disparus. L’origine de l’incident est aujourd’hui attribuée à la faible résistance du substrat et aux faibles précipitations lors de sa mise en fonction, limitant considérablement ses essais de résistance.

 


(Source : Ina.Fr)

 

Définition

Un barrage est un ouvrage établi en travers du lit d’un cours d’eau, retenant ou pouvant retenir de l’eau. Il a pour fonctions principales la régulation de cours d’eau, l’alimentation en eau des villes et la production d’énergie électrique.

Un barrage n’est pas inerte. Il vit, travaille et vieillit en fonction des efforts auxquels il est soumis. Le risque majeur lié à la présence d’un barrage est la rupture, entraînant la formation d’une onde de submersion très destructrice et l’inondation de la vallée en aval. Celle-ci pourra avoir des conséquences considérables à l’aval de l’ouvrage, de nature humaine, économique, environnementale et patrimoniale.

Cette rupture correspond à une destruction partielle ou totale de l’ouvrage, elle peut être progressive, par érosion ou brutale. Ses causes sont de différentes natures :

  • techniques : défaut de fonctionnement des vannes permettant l’évacuation des eaux, vices de conception, de construction ou de matériaux, vieillissement des installations ;
  • naturelles : séismes, crues exceptionnelles, glissements de terrain ;
  • humaines : insuffisance des études préalables et du contrôle d’exécution, erreurs d’exploitation, de surveillance et d’entretien, malveillance.

 

Connaissance

Les barrages et digues sont classés selon 4 classes : A, B, C ou D selon leur hauteur et le volume d’eau retenu (en vertu du décret 2007-1735 du 11 décembre 2007). Il existe en France 315 barrages de classe A, 330 de classe B, 1100 de classe C et plusieurs dizaines de milliers de barrages de classe D (hauteur supérieure à 2 mètres).
La DREAL PACA assure le suivi direct de 253 barrages. Plusieurs barrages doivent faire l’objet d’un PPI en PACA dont l’élaboration est en cours voire aboutie par les préfectures concernées : l’usine-écluse d’Avignon, et les barrages de Serre-Ponçon, Castillon, Chaudanne, Sainte-Croix, Quinson, Gréoux, Saint-Cassien, Bimont.

Cartographie : Plans Particuliers d’Intervention en région PACA
 

Prévention

Les barrages de plus de 20 mètres et de capacité supérieure à 15 hm3 sont soumis à un plan particulier d’intervention (PPI). Ce plan précise en cas d’accident sur le barrage, les modalités d’alerte de la population, d’évacuation éventuelle et l’organisation des secours. Ainsi, les caractéristiques de l’onde de submersion ont été étudiées pour les zones en aval du barrage (hauteur, vitesse, horaire de passage) et déterminent des itinéraires d’évacuation et points de rassemblement.

L’arrêté du 22 février 2002 relatif aux PPI « grands barrages » distingue :

  • La zone de proximité immédiate qui correspond à la zone dans laquelle l’onde de submersion arriverait avec un délai incompatible avec l’organisation des secours. Elle doit être immédiatement évacuée par la population de son propre chef dès le retentissement de la corne de brume (Ecouter la sirène [Lien]). Ce signal signifie qu’il faut rejoindre immédiatement, à pied, les points de rassemblement prédéfinis sur les hauteurs.
  • La zone d’inondation spécifique où la submersion serait plus importante que celle de la plus grande crue connue. Les populations sont alertées par les pouvoirs publics au moyen des sirènes du réseau national d’alerte ou de véhicules de pompiers avec haut-parleur.
  • Une zone d’inondation où la submersion serait plus modérée, comparable à une inondation naturelle commune.

 

Prévision

Passée la première phase de mise en eau, et en dehors des phénomènes exceptionnels (crues ou séismes), la rupture d’un barrage en exploitation est toujours précédée de signes avertisseurs. La surveillance est toujours de la responsabilité de l’exploitant (EDF, ASA, ou autres) et comprend :

  • L’inspection visuelle (visites techniques approfondies, inspection en crue et post-crue, etc.) ;
  • L’auscultation (surveillance continue des débits de fuite, pressions, déplacements, etc.) ;
  • Les essais périodiques (en conditions normales et dégradées).

La synthèse de ces informations permet d’établir un « rapport annuel d’exploitation et de surveillance » qui est adressé au préfet. Tous les deux ans, une analyse de l’évolution du comportement de l’ouvrage est présentée à travers le « rapport d’auscultation », également transmis au préfet.

 

Information

Le préfet et le maire partagent les actions d’information préventive. Comme pour les riverains des sites industriels « Seveso », les pouvoirs publics organisent, avec l’exploitant du barrage, des campagnes d’information sur le risque et les consignes de sécurité spécifiques à celui-ci.
Celles-ci s’adressent aux populations situées dans la zone de proximité immédiate qui devrait être évacuée dès l’alerte donnée.

EDF réalise des campagnes d’information en bordure des cours d’eau, afin de sensibiliser les usagers (pêcheurs, promeneurs, baigneurs et pratiquants de sports d’eaux vives) au risque de montée brutale des eaux ; cette montée brutale peut être occasionnée par des lâchers d’eau rendues nécessaires lors de crues ou d’intempéries importantes ou lorsque le barrage présente des signes de faiblesse, afin de réguler le niveau d’eau dans la retenue.

 
Consignes générales
 
AVANT : S’organiser et anticiper

  • Connaître le signal d’alerte et les consignes pour la zone du premier quart d’heure.
  • Connaître les points hauts sur lesquels se réfugier (collines, étages élevés des immeubles résistants), les moyens et itinéraires.


PENDANT : Se mettre à l’abri

  • Gagner immédiatement les points hauts les plus proches ou à défaut les étages supérieurs d’un immeuble élevé et solide.
  • Ne pas prendre l’ascenseur.
  • Ne pas revenir sur ses pas.
  • Ne pas aller chercher ses enfants à l’école.
  • Ecouter la radio et s’informer de l’évolution de la situation.

APRES

  • Attendre les consignes des autorités ou le signal de fin d’alerte pour quitter les points hauts et regagner son domicile.
  • Aérer et désinfecter les pièces, qui seraient inondées.
  • Ne rétablir l’électricité que sur une installation sèche.
  • Chauffer dès que possible.

 

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